IA appliquée

Trois questions à poser avant d'envoyer vos données dans un outil d'IA

« Vos notes d'entretien, elles vont où ? » Quand vous auditez un sous-traitant aéro, défense ou nucléaire, « quelque part » n'est pas une réponse recevable.

· 2 min de lecture · Laurent Samitier

Dessin de Marc sur le chemin des données d'audit

En fin d'audit, un responsable qualité m'a posé une question que personne ne m'avait posée en trente ans de métier : « Vos notes d'entretien, elles vont où ? »

Il ne parlait pas de mon carnet. Il parlait de mon téléphone. Depuis un an, je dicte : les constats, les verbatims d'entretien. Et tout ça passe par un outil de transcription, qui appelle un modèle d'IA, qui tourne quelque part.

Quand vous auditez un sous-traitant aéro, défense ou nucléaire, « quelque part » n'est pas une réponse recevable.

La même question arrive aussi par l'informatique. Café du matin, le responsable informatique s'avance, tasse à la main : « J'ai vu ta demande pour ce nouvel outil… mais dis-moi, où vont nos données avec ton IA ? » Très bonne question. Elle en contient trois.

1Où sont stockées les données ?

Les documents, les entretiens, les dictées, les rapports : où sont-ils hébergés ? En France, en Europe, ou dans un cloud inconnu, à l'autre bout du monde ?

2Où sont-elles analysées, et par quel modèle ?

Stocker en Europe ne suffit pas si l'analyse part ailleurs. Une donnée ne doit sortir de l'Union européenne ni pour être stockée, ni pour être analysée. Le modèle se choisit selon vos enjeux, vos données, vos valeurs : un modèle français comme Mistral pour un traitement souverain, ou d'autres pour qui en a l'usage.

3Pouvez-vous tracer le chemin d'une donnée ?

Le jour où un DSI vous demandera de tracer le chemin d'une dictée d'audit, il vous faut une réponse. Pas un silence gêné.

Ce que ça coûte

Répondre à ces trois questions a un prix. Pour iZYS Audit, nous avons fait le choix de garder en Europe toutes les données qui transitent dans l'outil (documents clients, entretiens, dictées, rapports) et de faire structurer les constats par des modèles open source hébergés en France. Ça nous a coûté cher en simplicité : c'était beaucoup plus rapide de brancher les API américaines comme tout le monde.

« Innover, ce n'est pas abandonner le contrôle. »

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